Dossier analytique
SS-31 — dossier cardiolipine et membrane mitochondriale
Un tétrapeptide qui cible un lipide plutôt qu'un récepteur — mécanisme rare en pharmacologie peptidique.
Identité moléculaire
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Numéro CAS | 736992-21-5 |
| Masse molaire | 639.79 g/mol |
| Formule brute | C₃₂H₄₉N₉O₅ |
| Séquence / nature | D-Arg-2’,6’-Dmt-Lys-Phe-NH₂ |
| Pureté | ≥99% |
| Aspect | Poudre lyophilisée blanche |
Les valeurs ci-dessus correspondent au lot en catalogue et sont reprises telles quelles depuis la fiche produit. Toute divergence entre ce dossier et la fiche doit être signalée avant utilisation.
Contexte de recherche
Cibler un lipide membranaire plutôt qu’une protéine est une stratégie pharmacologique rare, et c’est ce qui fait l’intérêt méthodologique de ce composé au-delà de son domaine d’application. Il est fréquemment employé comme outil pour perturber l’organisation des crêtes mitochondriales de manière contrôlée en respirométrie.
Mécanisme étudié
Le SS-31 (également désigné élamiprétide dans la littérature) est un tétrapeptide de structure alternée aromatique-cationique. Son mécanisme décrit se distingue nettement de celui des peptides agonistes de récepteurs : il ne se lie pas à une protéine réceptrice mais à un phospholipide, la cardiolipine.
La cardiolipine est un lipide spécifique de la membrane mitochondriale interne, où elle organise l’assemblage des complexes de la chaîne respiratoire en supercomplexes. La littérature décrit une interaction électrostatique et hydrophobe entre le peptide et ce lipide, avec pour conséquence rapportée une stabilisation de la courbure des crêtes mitochondriales.
Les méthodes employées in-vitro incluent la mesure de la consommation d’oxygène en respirométrie haute résolution, l’évaluation du potentiel de membrane mitochondrial par sondes fluorescentes (TMRM, JC-1), et la quantification de la production d’espèces réactives de l’oxygène. La structure alternée du peptide lui confère une capacité de pénétration membranaire indépendante du potentiel de membrane, propriété méthodologiquement notable.
Littérature in-vitro
Le corpus in-vitro est bien fourni sur les modèles de mitochondries isolées et de cellules en culture soumises à un stress oxydatif. Les protocoles de respirométrie constituent le standard de mesure dans ce domaine.
Points d’entrée bibliographiques
- PubMed — littérature évaluée par les pairs
- PubChem — profil chimique et données d’essai
- NCBI — références de méthodologie et de récepteurs
Ces liens constituent un point d’entrée dans la littérature et non une sélection éditorialisée. Aucune des sources citées ne se rapporte à un usage humain de ce matériau, et leur consultation directe est recommandée pour toute conception de protocole.
Distinguer ce composé de ses analogues
Désigné indifféremment SS-31, élamiprétide ou MTP-131 selon les sources. Ces dénominations recouvrent la même entité ; le numéro CAS permet de le vérifier.
Le numéro CAS porté sur la fiche produit est l’identifiant à retenir. Les dénominations commerciales, codes de développement et abréviations d’usage varient d’une source à l’autre et ne constituent pas une identification fiable.
Limites méthodologiques
La cible étant un lipide et non une protéine, les approches classiques de pharmacologie — courbes dose-réponse sur récepteur, antagonistes compétitifs — ne s’appliquent pas directement. La démonstration de spécificité repose sur des méthodes biophysiques et sur des contrôles en modèles déficients en cardiolipine, plus lourds à mettre en œuvre.
Ces limites ne sont pas des réserves de forme : elles déterminent ce qu’un protocole employant ce matériau peut ou ne peut pas établir. Les expliciter dans le plan expérimental évite d’attribuer au composé une observation imputable au système de mesure.
Paramètres analytiques
Tétrapeptide court, très soluble. Le contrôle du contenu quantitatif est pertinent compte tenu de la faible masse moléculaire rapportée à la masse pesée.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Conservation | Conservation à −20 °C, à l’abri de la lumière |
| Solubilité | Soluble en eau bactériostatique (BAC) |
| Stabilité | Stable 24 mois à −20 °C ; 30 jours après reconstitution à 2–8 °C |
| Méthodes de contrôle | RP-HPLC · MS · NMR |
La reconstitution relève du protocole expérimental. Le volume de solvant détermine la concentration finale et n’est pas prescrit ici : il dépend de la conception de l’expérience et des conditions de l’essai.
Concentrations résultantes
Le tableau ci-dessous est arithmétique : il indique la concentration obtenue pour un volume de solvant donné, sans recommandation d’usage.
| Conditionnement | 1 ml | 2 ml | 3 ml |
|---|---|---|---|
| 10mg | 10.00 mg/ml | 5.00 mg/ml | 3.33 mg/ml |
| 50mg | 50.00 mg/ml | 25.00 mg/ml | 16.67 mg/ml |
Ces valeurs supposent une dissolution complète et un contenu peptidique conforme au rapport de lot. Lorsque le contenu quantitatif réel diffère de la masse nominale — écart courant, lié aux contre-ions et à l’eau résiduelle — la concentration effective est inférieure à la valeur théorique. C’est précisément la raison pour laquelle le contenu quantitatif par flacon fait partie du protocole de vérification.
Conception de protocole
Trois points conditionnent la validité d’un essai employant ce matériau, indépendamment de la question posée.
La concentration effective n’est pas la concentration nominale. Elle dépend du contenu peptidique réel du lot, de la dissolution complète et de l’adsorption sur les parois du contenant. Un contrôle de concentration après reconstitution est préférable à l’hypothèse d’un rendement parfait.
La durée d’exposition réelle peut être inférieure à la durée nominale lorsque le composé est dégradé par le milieu. Vérifier la stabilité dans les conditions exactes de l’essai — milieu, sérum, température, durée — avant d’interpréter une absence d’effet.
Le bras de contrôle doit correspondre au véhicule effectivement employé, à la même concentration finale. Cette exigence est banale et reste la cause la plus fréquente de résultats non reproductibles.
Vérification du lot
Les conditionnements suivants sont couverts par un rapport Janoshik Analytical, consultable depuis la fiche produit :
- 50mg — rapport de lot disponible
Les conditionnements restants ne sont pas couverts et n’affichent aucun badge de vérification. Le rapport d’un autre conditionnement n’est jamais présenté à leur place.
| Conditionnement | Rapport de lot | Disponibilité |
|---|---|---|
| 10mg | Non couvert | En stock |
| 50mg | Couvert | En stock |
Le programme de vérification porte exclusivement sur l’identité et la pureté du matériau, par chromatographie en phase inverse et spectrométrie de masse. Il ne couvre ni la stérilité, ni les endotoxines, ni aucune caractéristique microbiologique.
Questions fréquentes
Comment se présente ce produit à la réception ?
Sous forme de poudre lyophilisée en flacon scellé, expédiée sous emballage isotherme et neutre. Replacez le flacon à la température de conservation indiquée dans les spécifications dès réception.
Quel solvant utiliser pour la reconstitution ?
L’eau bactériostatique est le solvant de reconstitution usuel pour les peptides lyophilisés en contexte de laboratoire. Le volume relève du protocole expérimental et de la concentration recherchée ; nous ne fournissons aucune recommandation de dosage.
Combien de temps le matériau reste-t-il stable ?
La fenêtre de stabilité figure dans le tableau des spécifications de cette fiche, avant et après reconstitution. Ces valeurs correspondent aux conditions de conservation indiquées ; toute variation de température les raccourcit.
Le rapport d’analyse correspond-il exactement à mon flacon ?
Le rapport lié sur cette page correspond au conditionnement sélectionné. Chaque rapport est émis par Janoshik Analytical à partir d’un échantillon soumis anonymement, et porte sur l’identité et la pureté du peptide.
Ce produit peut-il être utilisé sur l’être humain ou l’animal ?
Non. Il s’agit d’un matériau de référence de qualité analytique destiné exclusivement à la recherche in-vitro en laboratoire. Toute administration à l’être humain ou à l’animal est exclue, et aucune allégation thérapeutique, diagnostique ou médicale n’est formulée.